Tasmanie

Voici le récit de nos 5 jours en Tasmanie. Je suis meilleur photographe que conteur, je comprendrai si vous ne faites que regarder les photos. Vous pouvez également voir la carte indiquant notre itinéraire.

Traversée de nuit, 21h-6h45

20h30, nous sommes enfin à bord du Spirit of Tasmania I après ½ heure de queue sur le station pier. On range un peu la voiture, puis nous nous dirigeons vers le pont supérieur. Le bateau est de construction récente, beaucoup plus classe qu'un Brittany Ferry ou qu'un P&O. On checke nos sièges, comme d'hab la clim est à fond et ça caille. Je regarde les numéros, ils nous ont collés sur la même rangée, mais de part et d'autre de l'allée les boulets. Ca commence bien. Le bateau manœuvre pour faire demi-tour, direction la sortie de la baie. On mange rapidement nos super sandwiches préparés avec amour par Perrine, puis nous allons à nouveau jeter un coup d'œil dehors. La city est déjà loin, nous sommes à mi-chemin entre Melbourne et point Nepean. Il y a quelques pêcheurs dans de petites embarcations. Un phoque apparaît à la surface (y'a des phoques dans la baie ?!) . Nous retournons nous asseoir. Il y a peu de monde, on en profite pour s'asseoir tous deux du même côté de l'allée.
Pas moyen de dormir sur ces fichus sièges, c'est inconfortable, ça caille, on passe une très mauvaise nuit. A 4h du matin, la cabine est toujours quasi-vide, tout le monde dort sur les banquettes du bar et du café. Je m'y essaye, pas moyen de retrouver le sommeil. A six heure, branle-bas de combat, réveil à coup de haut-parleur. ½ heure plus tard on descend au pont inférieur où est garée la voiture, je regarde le lit à l'arrière du van avec envie. Nous sommes tous deux dans le coltar. Une fois débarqués, on file directement à l'accueil des passagers pour transformer nos billets retour sur cruise seats en couchettes cabine. Je me sens déjà beaucoup plus serein. On file ensuite, direction Launceston.

De Devonport à St Helens

Rien de bien notable sur la route. On rencontre les habituelles carcasses de marsupiaux (des wallabies pour la plupart) dans tous les états de décomposition. Les champs sont très verts, il fait beau, pas un nuage. La route entre Devonport et Launceston est bonne. A Launceston, nous nous arrêtons à Cataract Gorge pour le petit-déj. Le parking est à 40 cents de l'heure, ça change de Melbourne ! J'en mets 50 juste pour le plaisir. Les chutes ne sont pas terrible, mais le paysage est sympa, il y a un joli pont et un télésiège pour passer sur la montagne d'en face. Il va falloir que Perrine s'entraîne à conduire le van pour qu'elle soit prête pour notre grande traversée en janvier (ça a l'air bidon, mais la boîte de vitesse est assez particulière). Je lui demande d'ouvrir le coffre à l'aide de la poignée à l'avant, elle tire à fond sur le starter. Je décide qu'elle conduira plus tard.
Nous partons vers le nord-est, Lilydale. Il y a un peu plus loin des champs de lavande. Il est un peu tôt pour la saison, nous ne verrons pas la lavande en fleur. Nous continuons notre route vers l'ouest. Quelques kilomètres après Scottsdale, nous partons sur une piste, notre première route non goudronnée, pour atteindre les Ralph Falls, puis les St Columba Falls.
La piste est pleine de nids de poules, des racines, des cailloux, tout pour plaire. A un moment donné, la route étant tellement mauvaise, nous faisons demi-tour (la galère sur une piste moins large que la longueur de la voiture), puis repartons sur une nouvelle piste qui nous semble plus propre. On finit dans un champ au milieu des vaches. Bon, la première devait être la bonne, re-demi-tour. La poussière vole dans tous les sens derrière la voiture, un nuage de fumée qu'on doit voir jusqu'à Melbourne. On finit par atteindre le parking des Ralph Falls après une bonne dizaine de kilomètres de piste foireuse. La vue est superbe, les chutes sont assez particulières, l'eau s'écoule le long de la roche qui fait une courbe. Il fait toujours aussi beau, la température est largement supportable.
Au retour vers la voiture, j'ouvre le coffre pour me rendre compte que la poussière s'est infiltrée par tous les interstices de la carrosserie (y'en a !), et que tout l'arrière du van - et son contenu - est couvert de poussière. Sympa. Je couvre tout d'une couverture (cela s'avèrera très efficace). On repart pour St Columba Falls une dizaine de kilomètres plus à l'ouest. L'état de la piste devient acceptable. On marche un peu en forêt pour atteindre les chutes qui sont complètement différentes de précédentes. Elles font 90 mètres de hauteur. C'est plein de fougères arborescentes dont certaines atteignent une dizaine de mètres. Une trentaine de kilomètre plus loin, nous atteignons enfin St Helens et la côte est. On fait le plein, le pompiste nous dit qu'il fait 31°C, il est 14h. On remonte au nord vers la Bay of Fires.

Bay of Fires

Waaaaa ! C'est beau ! L'eau est verte au bord, bleue au large, pas une algue, le sable est blanc et fin, il crisse sous les pieds, il n'y a absolument personne sur des kilomètres de plage. Il y a quelques gros blocs de granite couverts d'un lichen rouge. Nous allons nous baigner, l'eau est fraîche, on se débarrasse des couches de poussière qu'on a accumulé. Nous quittons la plage après 1 ½ d'émerveillement.
Perrine est au volant. Ca va, elle s'en sort beaucoup mieux que je craignais, la boîte de vitesse n'a pas encore craqué après quelques kilomètres, c'est bon signe. Toujours pas un nuage, personne sur la route. Perrine passe le mur du son (le mur du son, c'est quand on roule au-delà de 90km/h et que le toit passe de convexe à concave, ce qui n'arrive que si les vitres sont abaissées, et qui était beaucoup plus fréquent dans le Queensland que dans le Victoria, mais ça c'est une autre histoire). Direction Bicheno au sud. On roule le long de la côte, l'océan sur notre gauche, la lagune sur la droite. Il y a un tas de cygnes noirs sur l'eau. Pitstop à Bicheno pour dîner dans un Fish'n'chips, et nous continuons vers Coles Bay où nous passerons la nuit (Iluka camping, pas trop mal et bien équipé).

Freycinet Peninsula

Jour 2. Nous nous levons vers 7h30. Il fait beau, il y a un peu de brume sur les sommets, rien d'alarmant. Il fait bon. Un wallaby vient nous rendre visite, et semble plus intéressé par les nouveaux phares halogènes que je viens d'installer sur la voiture que par les biscuits de Perrine... Nous allons grimper jusqu'au point de vue après le petit déj. Après 20mn de marche, nous atteignons le point de vue qui surplombe Wineglass bay. La vue est superbe. Stunning, picture perfect. La plage décrit un long arc de cercle blanc au fond de la baie, comme un bijou dans son écrin. Au delà s'élèvent les montagnes de la péninsule de Freycinet.
Nous nous arrêtons ensuite à Honeymoon cove pour une baignade. Le ciel se couvre un peu, et un vent d'ouest chaud et violent se lève quand nous repartons vers le nord. On crève de chaud dans la voiture, je mets la clim à fond (traduisez " j'ouvre les vitres à fond "). Nous arrivons à Friendly beaches. C'est beau (encore !). Les mêmes couleurs. On descend sur la plage, il y a quelques petites vagues. On transpire comme des fous, l'eau fraîche va nous faire du bien. J'attrape quelques vagues, Perrine me rejoint. L'eau est verte, quelques nuages passent rapidement. J'apprends à trois gamins à faire du skimboard avec leurs planches de bodyboard sur une mare d'eau. Il fait chaud dès que l'on sort de l'eau. On repart après une bonne heure. Une vraie tempête de poussière et de sable se lève.

Freycinet Peninsula - Hobart

Nous décidons de laisser la Tasman Peninsula et Port Arthur de côté, nous n'avons pas le temps. Sur la route, le temps est toujours superbe, il y a un vent de folie qui lève de l'écume dans les étangs, les moutons volent à travers la route (bon, j'exagère pour les moutons, mais ils s'aggrippent de toutes leurs griffes au sol). On meurt de chaud dans la voiture. On s'arrête à Swansea pour déjeuner. Glaces et sandwiches. Le vent tombe un peu, on repart.
Les champs sont jaunis, l'herbe est sèche. Les collines sont couvertes de grands eucalyptus à leur sommet, des prairies un peu plus bas, et des étangs dans les vallées. Le vent forcit à nouveau, la terre des champs fraîchement labourés vole et quelques-uns de poteaux reflecteurs du bord de la route planent jusque dans les champs. On s'enfonce dans les terres, vers l'ouest et vers Hobart. Nous passons bientôt le col de Black Charlies à 300 petits mètres d'altitude. Un peu avant Hobart, nous traversons Sorell, puis nous passons quelques ponts où un vent de folie fait voler des embruns. Perrine est aggrippée au volant. La voiture en sort couverte de sel. Il fait toujours beau, toujours autant de vent. Nous passons un dernier pont, et Hobart s'étend en face de nous, dominé par le mont Wellington. Nous nous installons dans un backpacker (Allport) sur Elisabeth street, puis nous descendons dans le centre-ville. Pas très animé pour un samedi soir. Nous dînons dans un resto italien pas trop mal (Maldini sur Salamanca Place). En errant le long du port, nous découvrons l'Astrolabe, un brise-glace français qui fait des expéditions vers le pôle. Nous le visiterons le lendemain. Retour au backpacker, grosse fatigue.

La suite...